| L'ONU
s'inquiète du nombre élevé de viols au Darfour
Le secrétaire général adjoint de l'Onu aux affaires
humanitaires, Jan Egeland, a affirmé lundi que les viols et les
abus sexuels persistaient au Darfour, une région de l'ouest du Soudan
en proie à une guerre civile.
"Les responsables gouvernementaux ont indiqué que le Soudan
n'avait jamais été auparavant le théâtre de
tels crimes odieux contre les femmes, mais ils ont reconnu que ce phénomène
était devenu rampant", a déclaré M. Egeland à
la presse à Khartoum.
L'ONG Médecins sans frontières a indiqué avoir
traité près de 500 femmes et filles qui ont été
violées dans le sud et l'ouest du Darfour entre octobre 2004 et
mi-février.
La plupart des victimes ont été abusées par "des
miliciens ou des soldats qui ont fait usage de leurs armes pour commettre
leur acte", a indiqué MSF dans un communiqué publié
lundi.
M. Egeland a aussi accusé "des hommes armés, des miliciens
et des soldats gouvernementaux de perpétrer ces crimes".
Selon lui, le gouvernement soudanais s'est montré prêt
à coopérer avec l'Union africaine et l'Onu pour punir les
responsables de ces crimes et protéger les femmes.
"Nous devons arrêter une fois pour tous les assassinats et atrocités
au Darfour, où se déroule probablement le pire conflit du
moment", a-t-il ajouté.
Le Darfour est depuis février 2003 en proie à la guerre
civile et à une grave crise humanitaire, qui ont fait plus de 70.000
morts et 1,6 million de réfugiés et de déplacés,
selon l'Onu.
(A.F.P. Khartoum, 7 mars 2005)
Déclaration
du Secrétaire général des N-U au sujet de la situation
au Darfour
Les membres du Conseil de sécurité sont venus me voir,
ce matin, à ma demande, pour discuter du Soudan.
J’ai proposé cet entretien en raison des inquiétudes
que je ressens devant les progrès insuffisants dans la normalisation
de la situation épouvantable au Darfour. Beaucoup d’efforts
ont été déployés sur les plans humanitaire
et sécuritaire, grâce à l’Union africaine, mais ils
restent insuffisants. Nous continuons de recevoir des informations
qui font état de la poursuite des tueries, des viols et des pillages.
J’ai été heureux d’entendre que les membres du Conseil
espèrent adopter dans le courant de la semaine une nouvelle résolution
qui prévoira un mécanisme visant à rendre responsables
les auteurs de ces crimes affreux. C’est une bonne chose. Nous
devons envoyer un message clair pour dire que la communauté internationale
ne les tolèrera pas.
En attendant, chacun convient de la nécessité urgente
de renforcer la présence internationale sur le terrain. La
situation s'améliore là où les troupes de l’Union
africaine sont actuellement déployées. Mais celles-ci
sont encore trop peu nombreuses.
Qu’est-ce qui peut être fait? La présence de l’Union
africaine peut-elle être renforcée, avec notre aide, ou avons-nous
besoin d’une force des Nations Unies qui pourrait soit inclure les troupes
de l’Union africaine, soit coopérer avec elles?
J’ai discuté de ces options avec les membres du Conseil.
Nous avons tous convenu qu’il est essentiel de préserver le processus
de paix Nord-Sud et d'aborder conjointement l’ensemble des problèmes
auxquels est confronté le Soudan. Appelant donc tous les donateurs
à tenir leurs promesses d’aide au Sud, nous ne pensons pas que ce
serait une bonne idée de « cannibaliser », au nom du
Darfour, la mission de maintien de la paix des Nations Unies dans cette
région.
Il est clair qu’à priori, il semble préférable
que l’Union africaine continue de diriger les opérations au Darfour
et que nous l’aidions de manière plus efficace, tout en laissant
la voie ouverte à d’autres options. Les membres du Conseil
ont appris avec satisfaction que les Nations Unies participeraient, aux
côtés de l’Union européenne et des États-Unis,
à une mission d’évaluation sur le terrain conduite par l’Union
africaine vers la fin de la semaine.
J’accueille également avec satisfaction la pression exercée
par le public et les médias pour que des décisions plus fermes
et plus rapides soient prises sur cette question. Nous recevons ici
des milliers de lettres de personnes qui appellent à une action
renforcée et je suis convaincu que les gouvernements de différents
pays en reçoivent aussi. La semaine prochaine, je tiendrai
une réunion avec des dirigeants d’organisations non gouvernementales
pour évoquer les meilleurs moyens de mobiliser cette pression de
façon à ouvrir la voie à une action efficace de la
part des gouvernements.
Soudan
Le Représentant spécial du Secrétaire général
pour le Soudan, Jan Pronk, s'est rendu aujourd'hui à Asmara, en
Éthiopie, pour s'entretenir de la reprise des pourparlers d'Abuja
avec des responsables du Gouvernement soudanais et des représentants
des groupes rebelles stationnés au Darfour. De son côté,
à la conclusion d’une visite de quatre jours au Soudan, le Secrétaire
général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur
des secours d'urgence, Jan Egeland, a exprimé sa préoccupation
devant l'insuffisance du financement pour atteindre les objectifs définis
cette année pour ce pays. Seulement 5% des fonds nécessaires
sont disponibles, a-t-il déploré, en estimant choquant l'écart
constaté entre les promesses de contributions et les contributions
effectivement versées: « Soit la communauté internationale
apporte les ressources indispensables, soit nous perdons l'occasion historique
de mettre un terme à l'un des conflits les plus meurtriers de notre
époque », a-t-il lancé.
(Nations Unies, New York 07/03/2005)
ONU
demande aux rebelles de stopper attaques pour favoriser assistance
Jan Egeland, sous-secrétaire des Nations Unies et responsable
pour l'assistance, a demandé aux rebelles du Darfour de suspendre
les assauts armés et d'aider les populations locales en parvenant
au plus vite à un accord de paix dans le cadre des colloques promus
par l'Union africaine (UA) à Abuja, au Nigeria. “Si vous continuez
à attaquer des convois commerciaux et des postes de police et ne
libérez pas les opérateurs humanitaires enlevés, vous
perdrez le soutien de la communauté internationale" a dit Egeland
en s'adressant aux responsables des deux groupes armés du Darfour
(JEM et S-LAM), qui ont levé les armes en février 2003 pour
revendiquer de majeures ressources et se défendre des pillards arabes
dits Janjawid. En décembre dernier, trois opérateurs humanitaires
soudanais de l'Agence internationale adventiste pour le développement
avaient été enlevés dans la zone de Labado, dans le
Darfour méridional, contrôlé à l'époque
par les rebelles, qui nient toutefois leur implication dans cet épisode.
Selon le responsable ONU pour l'assistance humanitaire, toute violation
de la trêve souscrite l'an dernier – de la part des rebelles comme
des soldats gouvernementaux ou des miliciens arabes Janjawid – représente
un obstacle à l'activité d'assistance dans le Darfour. L'ONU
estime que dans la région il y a environ 1,5 million d'évacués
et 200.000 réfugiés dans le Tchad voisin. Egeland devrait
rencontrer aujourd'hui dans la capitale Khartoum le vice-président
soudanais Ali Osman Taha et d'autres ministres, afin de solliciter la négociation
sur le Darfour en cours à Abuja et discuter de la situation humanitaire
dans le sud Soudan. En janvier dernier un accord a été signé
entre les indépendantistes du Soudan méridional et les autorités
soudanaises de Khartoum pour mettre fin à un conflit ayant duré
21 ans, sans cependant résoudre la question du Darfour.
(MISNA, Italie – 07-03-2005)
Une force
africaine trop faible pour arrêter les tueries du Darfour
Munie d'un mandat pour mettre fin aux atrocités répandues
dans la région occidentale du Darfour au Soudan, en proie à
la violence, une petite force d'observation militaire de l'Union africaine
(UA) se trouve handicapée par un manque de soldats, de financements,
de soutien logistique et d'équipements de communications.
A ce jour, à peu près la moitié seulement des
3.320 soldats promis - tous d'Afrique - est arrivée au Darfour,
dont la crise humanitaire massive a été décrite par
le secrétaire général de l'ONU la semaine dernière
comme "un enfer sur terre".
"La force élargie de l'UA a été promise en octobre
(l'année dernière)", a déclaré à IPS,
Adrian McIntyre de l'agence internationale d'aide Oxfam.. "Chaque jour
qu'elles ne sont pas déployées signifie un autre jour où
des centaines de milliers de civils au Darfour restent vulnérables
aux violentes attaques".
Emira Woods, co-directrice de la Politique étrangère
en relief à l'Institut d'études politiques, basé à
Washington, dit que l'UA est terriblement sous-financée. "C'est
comme si la communauté internationale pousse l'UA à échouer",
a-t-elle indiqué.
Le Liberia, un pays de trois millions d'habitants, a la plus grande
mission de maintien de paix de l'ONU au monde, s'élevant à
environ 15.000 hommes.
Pendant ce temps, l'Union africaine a tout juste un peu plus de 1.000
hommes pour une région de la taille de la France. "Ceci est inadmissible",
a dit Woods à IPS.
L'ambassadeur Baba Gana Kingibe, le représentant spécial
de l'UA au Soudan, a déclaré au Conseil de sécurité
le mois dernier qu'il faisait tout son possible pour accélérer
le programme actuel de déploiement total de toute la force, composée
de 3.320 hommes, d'ici à la mi-avril. Mais il a souligné
qu'il attendait "du matériel indispensable et un soutien financier
continus de nos partenaires" -- en particulier les Etats-Unis, l'Union
européenne, le Canada, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Allemagne,
entre autres. Mais l'assistance a apparemment mis du temps à venir
-- ou ne vient pas du tout.
Lorsqu'il était en Europe le mois dernier, Annan a dit aux membres
de l'Union européenne (UE) et de l'Organisation du traité
de l'Atlantique nord (OTAN) que l'UA avait désespérément
besoin d'aide. "De l'aide, s'il vous plait", aurait déclaré
Annan.
"Ce n'était pas pour nous substituer à l'Union africaine;
c'était pour appuyer l'Union africaine (au Darfour)", a indiqué
aux journalistes, Fred Eckhard, le porte-parole de l'ONU. La force de l'UA
comprend des troupes de plusieurs pays africains dans la région,
dont le Nigeria et le Rwanda, avec des soldats supplémentaires d'Afrique
du Sud et du Tchad pour les rejoindre plus tard.
Dans une déclaration publiée lundi (28 février),
Oxfam a indique que "le monde n'avait pas apporté suffisamment d'aide
nécessaire pour protéger les civils au Darfour...Des atrocités
ont été commises sur une grande échelle et plus de
souffrances infligées quotidiennement".
Au moins 300.000 personnes seraient mortes dans le Darfour, avec plus
de deux millions de déplacés, depuis le début de 2003.
"Nous avons constaté qu'une présence de l'UA aide à
réduire les menaces de violence dans les zones limitées où
elles (les troupes) sont déployées", a déclaré
Caroline Nursey, directrice régionale d'Oxfam pour la Corne de l'Afrique.
"Mais la mission de l'UA actuelle a besoin de plus de ressources et
de personnel pour faire convenablement le travail. Une mission de l'UA
bien étendue au Darfour, y compris des hommes supplémentaires,
des observateurs du cessez-le-feu et une police civile, doit être
déployée immédiatement", a-t-elle ajouté.
S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, un porte-parole d'une agence
internationale d'aide a dit à IPS que ce n'était pas forcément
vrai que les pays africains étaient réticents à envoyer
des troupes ("même si plusieurs soldats préfèreraient
probablement se joindre à la force de maintien de paix de l'ONU
puisque les salaires sont meilleurs"). Le plus grand problème semble
être la capacité logistique et un manque de personnel expérimenté,
a-t-il souligné. Certains pays pourraient individuellement avoir
la volonté d'envoyer des troupes, mais manquent de capacité,
et peut-être de financement, pour recruter, former et déployer
la bonne catégorie de personnes assez rapidement.
"Et ce ne sont pas seulement les troupes qui sont nécessaires
: une meilleure gestion, planification et utilisation de l'information
pour amener la mission de l'UA à être à la hauteur.
Nous avons appris qu'il n'existe absolument pas la capacité administrative
à Addis Abeba (le siège de l'UA) -- sans compter au niveau
local - pour gérer une mission de la taille/compétence requise",
a-t-il ajouté.
L'UA doit également surmonter sa fierté et être
prête à demander de l'aide. Le slogan "des solutions africaines
pour des problèmes africains" est génial, en principe, mais
seulement si les solutions disponibles ont une bonne chance de s'attaquer
à l'ampleur du problème, a-t-il déclaré.
Lorsqu'on lui a demandé ce qui est nécessaire, Woods
a affirmé : "D'abord et avant tout, un soutien financier à
l'UA. Elle a fait remarquer que l'UE et les Etats-Unis avaient accordé
un financement minimum, toutefois les fonds promis à ce jour sont
largement en dessous de ce qui est requis.
L'administration du président George W. Bush avait une excellente
opportunité d'aider à rendre justice au Darfour en allouant
des fonds pour l'Union africaine dans le budget supplémentaire avancé
le mois dernier, a-t-elle souligné.
Toutefois, la majeure partie des fonds américains est actuellement
consacrée au Sud-Soudan; le remboursement des acomptes de l'Agence
américaine pour le développement international (USAID); le
remboursement de l'aide alimentaire Titre II; et la contribution à
un tribunal sur les crimes de guerre, proposé par les Etats-Unis,
qui sont fortement opposés au transfert des atrocités du
Darfour à la juridiction de la Cour pénale internationale
basée à la Haye. Les fonds limités alloués
pour soutenir l'opération de maintien de la paix de l'UA ont été
morcelés, avec d'importantes portions restées aux Etats-Unis
à travers l'utilisation de fournisseurs militaires comme 'Pacific
Architects and Engineers', a déclaré Woods.
Ces fournisseurs ponctionnent non seulement les ressources limitées,
mais, dans le cas du Darfour comme ailleurs, sont également trop
chers, inefficaces et prennent du retard à honorer les clauses du
contrat. L'UA a besoin de soutien logistique pour une région qui
a peu de voies pavées, des opérations aériennes pour
empêcher les bombardements interminables du gouvernement; le transport
et la logistique pour loger une force entière; ainsi que le satellite
et autre appui technique pour protéger les civils.
"La communauté internationale semble peu disposée à
fournir ces ressources clés", a indiqué Woods. Elle a également
dit que la mission de l'UA devait en fin de compte être passée
à une force de l'ONU qui est capable d'établir une présence
plus permanente au Darfour, comme elle le sera bientôt dans le Sud-Soudan.
La semaine dernière, Annan a déclaré au Conseil de
sécurité que la force proposée de l'ONU pour le maintien
de la paix, forte de 10.000 hommes dans le Sud-Soudan, qui observera un
accord de paix ayant suivi une guerre civile de 21 ans, coûtera environ
un milliard de dollars dans la première année d'opération.
Mais cette force ne sera impliquée dans aucune mission de maintien
de paix au Darfour, dans l'ouest du Soudan.
Pendant ce temps, dans un rapport publié le mois dernier, Human
Rights Watch (HRW), basée à New York, a indiqué que
des témoins dans le sud du Darfour ont affirmé que des éléments
des milices Janjaweed, soutenues par le gouvernement, avaient attaqué
des villages et choisi des jeunes femmes et des filles qu'ils ont violées.
Des parents hommes qui ont protesté ont été battus,
mis à poil, attachés à des arbres et contraints de
regarder le viol des femmes et des filles. Dans certains cas, a indiqué
HRW, les hommes avaient ensuite été marqués à
l'aide d'un couteau chaud comme un signe de leur humiliation.
Ces rapports de viol, de torture et de mutilation par des milices soutenues
par le gouvernement, mettent en évidence la manière dont
le Conseil de sécurité doit engager une action urgente pour
protéger les civils et punir les auteurs, a souligné HRW.
Mais le Conseil de Sécurité fort de 15 membres tarde
à prendre des sanctions sévères à la fois contre
le gouvernement soudanais et les milices, principalement parce que certains
des membres détenteurs du droit de veto tiennent à protéger
leurs intérêts politiques, économiques et militaires.
Woods a dit que la communauté internationale a choisi plutôt
de calmer le gouvernement soudanais, menaçant de sanctions mois
après mois, mais n'appuyant ces menaces par aucune sanction.
L'année dernière, une initiative pour imposer des sanctions
au Soudan a provoqué des réserves d'au moins quatre membres
du Conseil de sécurité : la Chine, la Russie, le Pakistan
et l'Algérie.
Aussi bien la Chine que la Russie possèdent de puissants intérêts
économiques et militaires au Soudan. Le Soudan, qui produit environ
250.000 barils de pétrole par jour, s'est engagé par contrat
à vendre une partie à la Chine. La Chine comme la Russie
sont également les principaux fournisseurs d'armes au Soudan.
Parmi les avions de chasse de la ligne de front dans l'armée
de l'air soudanaise, figurent des MiG-23s russes et des MiG-17s Shenyang
chinois. Le Soudan possède également des missiles et des
chars d'assaut Silkworm de fabrication chinoise, de même que des
véhicules de combats blindés de fabrication russe.
(Inter Press Service, Johannesburg, 4 Mars 2005,
par Thalif Deen)
Darfour
: missionnaire « de nouveaux déplacés arrivent chaque
jour »
"Encore aujourd'hui, de nouveaux déplacés sont arrivés
dans les camps situés autour de Nyala. Cela fait deux ans que ce
flux est ininterrompu". Ces propos sont ceux de Père Ssemakula,
l'un des deux comboniens qui gèrent la mission de Nyala, capitale
du Sud Darfour, et qui a vécu la crise et la guerre dans cette terre
semi-désertique et reculée dès ses débuts,
bien avant que l'ONU ne la définisse l'une des plus graves crises
humanitaires de la planète. Les tensions historiques liées
à la convoitise de la terre et des pâturages entre les agriculteurs
sédentaires et les pasteurs nomades (les premiers "afros" et les
seconds arabes, pour utiliser une simplification qui ne synthétise
que partiellement la complexité de la situation) ont littéralement
explosé en février 2003, quant deux groupes d'autodéfense
populaire (SLA/M et JEM) se sont soulevés contre le gouvernement
de Khartoum, l'accusant de négliger la région et de soutenir
les milices de pillards arabes (janjawid) qui tentent depuis des années
de s'approprier des terres et du bétail. La crise au Darfour a fait
de nombreuses victimes, bien que les bilans soient discordants (plusieurs
dizaines de milliers selon l'ONU, 5.000 selon Khartoum), et environ 1,5
millions de délacés, dont 200.000 réfugiés
au Tchad. "Le mouvement interne de population dans les trois États
du Darfour ne s'est jamais réellement arrêté" explique
Père Ssemakula: "après les grosses vagues des premiers mois,
des flux de personnes, de familles ont continué à se déplacer.
Ces dernières semaines, par exemple, l'insécurité
grandissante dans de nombreuses zones rurales du Sud Darfour a poussé
des milliers de personnes à se transférer dans les 4 ou 5
camps installés près de Nyala, où la sécurité
est un peu meilleure". Certains des camps qui se trouvaient à quelques
dizaines de kilomètres de Nyala ont été détruits,
attaqués ou se sont tout simplement restés isolés,
ce qui a poussé leurs hôtes à chercher des sites moins
exposés. "Les camps de Nyala sont très chargés, et
malgré l'aide des organisations internationales, on a parfois l'impression
de se trouver devant une tâche démesurée. En tant que
missionnaires et qu'Église, nous œuvrons pour soutenir ces personnes.
Nous achetons de la nourriture, de l'eau, des biens de première
nécessité, et avec certaines donations qui nous sont récemment
arrivées, nous avons commencé à travailler à
des projets de reconstruction d'écoles, où assurer une éducation
minimale aux nombreux enfants qui vivent désormais depuis deux ans
dans des conditions précaires" poursuit notre interlocuteur. "Nous
avons peut-être trop cru que la crise allait se résoudre rapidement,
mais à présent nous craignons que, comme cela a été
le cas du Sud Soudan (théâtre de 20 ans de guerre, qui a commencé
à se résoudre quand a éclaté la crise au Darfour,
NDLR), ces enfants ne doivent grandir dans des camps" a conclu le missionnaire.
D'après des informations recueillies par des sources de la MISNA
sur place et confirmées par de récents rapports de l'ONU,
entre fin février et début mars, de nouvelles attaques ont
eu lieu. Au moins 12 personnes auraient été tuées
dans une incursion armée le 23 février au village de Thur,
à quelques dizaines de kilomètres au sud de Nyala. Il y a
quelques jours, les village d'Aduana (sud Darfour) aurait été
pris pour cible par des groupes armés non identifiés qui,
avant de s'échapper avec le butin de leur pillage (bétail),
auraient fait 2 morts et 2 blessés, selon les premiers rapports
de l'équipe de vérification de l'Union Africaine. En référant
cette nouvelle, le réseau d'information pour l'Afrique des Nations
Unies (IRIN) ajoute que de violents combats auraient eu lieu entre des
rebelles du SLA et des janjawid, à une cinquantaine de kilomètres
d'El Fasher (capitale du Darfour Nord), mais pour l'instant, il n'y a pas
de confirmation de la nouvelle. L'Union Africaine tente ces jours-ci de
faire asseoir les rebelles et le gouvernement, lancés il y a quelques
mois à Abuja et suspendus en décembre, après des accusations
réciproques de violation du cessez-le-feu. (par Massimo Zaurrini)
(MISNA, Italie, 4 mars 2005)
L`Afrique
discute au Cap, de la reconstruction du Soudan
Une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères
de l`Union africaine (UA) sur le Soudan, s`ouvre ce vendredi au Cap, pour
discuter de la reconstruction de ce pays au sortir de la guerre.
Le conseil présidé par la chef de la diplomatie sud africaine
Mme Nkosazana Dlamini Zuma, réunira les ministres de l`Algérie,
d`Egypte, d`Ethiopie, du Gabon, du Kenya, du Nigeria, du Sénégal
et du Soudan mais aussi, celui de la Norvège.
Said Djinnit, Commissaire de l`UA pour la paix et la sécurité,
Baba Gana Kingibe, Envoyé spécial du président de
la Commission de l`Union africaine pour le Soudan, et des représentants
de l`Armée/mouvement de libération des peuples du Soudan
(SPLM/A) devraient également participer à cette rencontre.
Sont également invités, des officiels de la Banque africaine
de développement, la Banque mondiale, le Haut commissariat des Nations
Unies pour les réfugiés (HCR), l`UNICEF, l`Attaché
de liaison de l`ONU pour le maintien de la paix et le Secrétariat
du NEPAD.
D`après Ronnie Mamoepa, le porte-parole du ministère
sud africain des Affaires étrangères, les ministres se focaliseront
sur le travail du Comité de l`Union africaine pour la reconstruction
post-conflit du Soudan et la mise en oeuvre de l`accord de paix global
signé par le gouvernement soudanais et la SPLM/A le 9 janvier 2005
à Nairobi, Kenya.
Ils se pencheront également, sur un projet de renforcement des
capacités et des institutions pour le Sud Soudan ; le dialogue de
paix Sud-Sud et le conflit en cours dans la région du Darfour, dans
l`ouest du Soudan.
La réunion de vendredi fait suite à une visite d`Etat
du président sud africain Thabo Mbeki effectuée en janvier
à Khartoum.
Le vice ministre sud africain des Affaires étrangères,
Aziz Pahad, a de son côté, visité au début de
ce mois, le comté de Kapoeta au Sud Soudan, accompagné d`une
délégation de hauts responsables gouvernementaux et d`universitaires.
La visite de M. Pahad représentait la première phase
du Projet de renforcement des capacités et des institutions du ministère
des Affaires étrangères - Mouvement de libération
des peuples du Soudan et University of South Africa (DFA-SPLM-UNISA) établi
en début février.
M. Mbeki a récemment déclaré qu`en tant que président
du Comité pour la reconstruction post-conflit du Soudan, l`Afrique
du Sud veillera à la mise en oeuvre réussie de l`accord de
paix signé le mois dernier à Nairobi
(Angola-Press, Luanda, 4 mars 2005)
Où commence la
crise au Darfour ?
Le Soudan n'est pas seulement le plus grand pays d'Afrique, c'est également
la frontière entre le monde arabe et l'Afrique noire. Depuis leur
indépendance en 1957, les populations du Soudan n'ont connu que
10 ans de paix; le reste du temps, elles ont toujours été
secouées par des conflits plus ou moins graves. Autour d'un fossé
parfois infranchissable entre le gouvernement central et islamique de Khartoum
et les périphéries soudanaises peuplées de nombreuses
ethnies noires africaines se sont enracinées des variables économiques,
politiques, parfois religieuses, créant les bases d'un état
chronique de conflit. La crise du Darfour, la dernière en date,
a pris des proportions tellement vastes qu'elle est connue un peu partout
dans le monde. En moins de 2 ans, les affrontements entre les rebelles
et les militaires et les violences des janjawid (assaillants arabes) ont
causé une crise humanitaire catastrophique, sur laquelle seuls les
chiffres de l'ONU sont disponibles: plus d'un million de déplacés,
presque 200.000 réfugiés et des milliers de morts, le bilan
allant des 5.000 comptabilisés par le gouvernement aux 30.000 voire
50.000 par l'ONU. Dans le Darfour, région semi-désertique
vaste comme la France, située dans l'ouest du Soudan, les raisons
traditionnelles de conflit se somment à la lutte pour les terres
"vertes" qui, à cause de l'avancée de la désertification
sont de plus en plus restreintes. Les différences entre populations
arabes et non arabes passent aussi par les activités qu'elles exercent:
les Arabes sont généralement éleveurs nomades, les
Noirs vivent d'agriculture, sont sédentaires et leurs revendications
sur ces terres remontent au temps des sultanats qui pendant des siècles
se succédèrent au pouvoir, le dernier en date ayant été
celui des Fur (Dar-fur signifie "propriété tribale" ou "territoire"
des Fur), l'ethnie noire majoritaire avec celles des Zaghawa, des Masalit,
outre une dizaine de groupes mineurs. Cependant, les affrontements pour
la terre ne sont pas une constante dans l'histoire du Darfour et les deux
groupes ont longtemps cohabité, résolvant leurs divergences
sur la base d'un code tribal. Au fil des ans, les deux âmes du Soudan,
l'arabe et la non arabe, se sont de plus en plus éloignées
et l'abandon politique et économique auquel Khartoum a condamné
les périphéries du pays s'est sommée à une
nouvelle prise de conscience des populations noires. La guerre combattue
par l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) contre
Khartoum pour l'indépendance, l'autonomie ou la sécession
du sud du Soudan a approfondi le fossé. La présence de pétrole
et d'importants intérêts internationaux ont fait le reste.
La crise du Darfour et l'exaspération de tensions de différences
historiques ont un lien évident avec la question du Sud. Khartoum
a été pratiquement contrainte par la communauté internationale
à trouver un accord avec les rebelles du SPLA et du Sud Soudan à
cause du pétrole présent dans les zones convoitées
et pour lequel travaillent depuis des années des compagnies américaines,
indonésiennes, chinoises et d'autres nationalités. Les accords
signés prévoient que six ans après la signature de
la paix définitive le Sud organise un référendum sur
l'indépendance. Le gouvernement soudanais risque ainsi de perdre
le contrôle direct d'une vaste portion de territoire, mais surtout,
il crée un précédent face aux autres populations noires
de l'ouest et de l'est du pays. Les intérêts du pétrole
ont permis aux rebelles du sud de faire un saut de qualité en obtenant
des fonds, des armes et des appuis logistiques et politiques, mais rien
n'empêche l'instrumentalisation du mécontentement des non
Arabes du reste du Soudan pour entrer en lutte contre Khartoum. Alors que
la paix arrivait au Sud, un nouveau foyer de violence s'ouvrait à
l'ouest. Au fond, ce n'est pas surprenant. Il existe une partie de l'establishment
soudanais qui ne voit pas d'un mauvais œil le fait que les milices arabes
(accusées d'être soutenues par le gouvernement central) pillent
les villages et chasses leurs habitants, rétablissant ainsi une
certaine prédominance sur la population non arabe, souligne une
source diplomatique occidentale. Arabisation ou pas, d'importants intérêts
internationaux semblent prêts à entrer en jeu. L'imposante
couverture médiatique internationale est elle due au hasard? Elle
est accompagnée d'un fort intéressement de grandes capitales
qui crient subitement au scandale face à une crise qui existait
déjà de longue date. Pour le Darfour, comme ce fut le cas
pour le Sud, certains observateurs commencent à mettre en relation
l'intérêt de la communauté internationale et le pétrole.
Pour certains, la région serait riche en gisements, pour d'autres,
elle serait de fondamentale importance pour l'utilisation des gisements
du sud. L'une des hypothèses les plus accréditées
est celle qui voit des groupes de pouvoir et de pression intéressés
par la création d'un oléoduc qui relie directement les puits
du sud et du centre du Soudan au gigantesque oléoduc financé
par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international et qui
transporte le pétrole brut du Tchad jusqu'au port camerounais de
Kribi. Ce relais devrait passer par le Darfour. Aujourd'hui, le pétrole
soudanais prend la route opposée vers l'Orient . Quarante pour cent
du pétrole soudanais sont destinés à la Chine, présente
avec ses entreprises d'hydrocarbures au Soudan depuis des années.
(Archives MISNA)
(MISNA, Italie – 04-03-2005)
Un haut responsable
de l'ONU en visite au Soudan
Le secrétaire général adjoint des Nations
unies pour les Affaires humanitaires, Jan Egeland, doit arriver jeudi
au Soudan pour une visite de cinq jours visant à évaluer
la situation dans le sud et l'ouest du pays ravagés par la guerre.
M. Egeland doit se rendre vendredi à Rumbek, dans le sud du
Soudan, où il rencontrera des membres d'organisations humanitaires
de l'ONU et d'organisations non gouvernementales.
Il s'entretiendra également avec des membres de l'Armée
populaire de libération du Soudan, ancien groupe rebelle qui sera
intégré dans le prochain gouvernement suite à l'accord
de paix signé en janvier et qui a mis fin à 21 années
de guerre civile.
Au moins 4,5 millions de personnes ont été déplacées
en raison du conflit dans le sud du Soudan. Les Nations unies ont
demandé à la communauté internationale d'augmenter
les aides destinées au sud du Soudan afin que les communautés
aient suffisamment de ressources pour faire face aux flux de réfugiés.
M. Egeland se rendra également au Darfour, où un conflit
oppose depuis deux ans des rebelles au gouvernement et à des milices
alliées. Il y rencontrera des responsables de l'Union africaine
qui contrôle le respect de la trêve, ainsi que les autorités
locales, du personnel humanitaire et des civils. Fin
(Nations Unies, New York, XINHUANET, 3 mars 2005)
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Soudan : les
femmes doivent participer au processus de paix
Résumé des propos de deux anciens ambassadeurs des États-Unis
Washington - Donner aux femmes un plus grand rôle dans le processus
de paix au Soudan contribuerait à endiguer la crise croissante au
Darfour et à établir une paix durable entre le nord et le
sud du pays, affirment deux anciens ambassadeurs des États-Unis
qui viennent de rentrer d'une tournée au Soudan et au Kenya.
L'ancienne ambassadrice des États-Unis auprès de l'Autriche,
Mme Swanee Hunt, et l'ancien ambassadeur après de l'Angola, M. Donald
Steinberg, qui se sont entretenus avec plus de 120 militantes soudanaises
durant leur visite, ont souligné l'effet tragique qu'avait eu la
violence sur les femmes au Soudan et réclamé une plus grande
participation de celles-ci aux missions de maintien de la paix. Mme Hunt
et M. Steinberg ont tenu ces propos le 23 février, lors d'une conférence
de presse organisée par le « Woodrow Wilson International
Center for Scholars » de Washington.
Mme Hunt a fait l'éloge des femmes qu'elle a rencontrées
durant la visite en disant : « Ne laissez personne vous dire que
la structure du Soudan repose à 99 % sur les hommes parce qu'il
n'y a pas de femmes qualifiées. Il y a une énorme différence
entre ne pas avoir de femmes et ne pas en vouloir ! Les femmes compétentes
ne manquent pas. »
M. Steinberg a approuvé, évoquant les « femmes
dynamiques et talentueuses qui, malgré l'exclusion dont elles ont
été victimes, ont acquis savoir-faire et expérience
du fait de leur rôle dans (...) le traitement des questions liées
aux femmes ».
Cependant, les femmes doivent être impliquées dans les
affaires soudanaises si l'on veut réellement mettre fin aux combats,
a affirmé M. Steinberg. « Nous savons que si ce sont les hommes
armés qui s'entendent pour mettre fin à la guerre, c'est
la société civile, et tout particulièrement les femmes,
qui s'unissent pour créer une paix juste et durable. »
Il a ensuite qualifié l'expérience vécue par les
Soudanaises d'horrible, expliquant par exemple que le viol était
devenu monnaie courante dans le Darfour. Il a réclamé une
pression internationale plus importante sur le gouvernement soudanais pour
régler le conflit au Darfour parce que selon lui, l'instabilité
dans cette région pourrait menacer le récent accord de paix
passé entre le Nord et le Sud. « Si une paix juste et durable
ne met pas fin à la tragédie du Darfour, tous les espoirs
nés de l'accord de paix entre le Nord et le Sud seront réduits
à néant », a-t-il affirmé.
Il a également déploré l'impunité dont
jouissaient ceux qui commettaient des crimes contre les femmes au Darfour,
et exigé des poursuites judiciaires en cas de violation des droits
de l'homme. « Trop souvent, l'amnistie signifie que les hommes pardonnent
les atrocités perpétrées par leurs congénères
contre les femmes. Faire payer les responsables est essentiel afin de convaincre
les hommes armés de fusils qu'il n'y a pas d'impunité en
cas de crime contre les femmes. »
Des passages vidéo d'interviews réalisées avec
des militantes soudanaises ont été projetés durant
la conférence de presse. Mme Hunt a ensuite évoqué
le cas d'Amna Elagib Adam, une responsable locale du Programme de développement
de l'ONU au Darfour, qui a vécu d'horribles drames personnels, notamment
l'assassinat de ses parents.
Dans l'un des passages vidéo, Mme Adam exprime l'espoir que
ses sacrifices apporteront une paix durable au Darfour : « Si vous
voulez changer une société, il faut payer cher. Nous payons
avec notre dignité pour plus de dignité. Nous payons avec
la vie de nos enfants, de nos hommes, de nos femmes. Mais je ne me plains
pas, parce que j'espère des jours meilleurs. »
Dans un autre passage, Awut Den Acuil, cofondatrice de nombreuses organisations
sans but lucratif au Soudan, décrit les activités de règlement
des conflits déployées par les femmes dans le sud du pays
et confirme le désir de ces dernières de participer aux activités
de maintien de la paix. « Elles aimeraient avoir voix au chapitre,
un endroit où elles peuvent participer et apporter des contributions
significatives à la construction de la nation. »
M. Steinberg et Mme Hunt ont applaudi aux récentes démarches
entreprises pour faciliter la participation des femmes aux missions de
maintien de la paix placées sous la tutelle des Nations unies, l'objectif
étant d'atteindre la parité entre hommes et femmes au sein
de toutes les agences de l'ONU. Ils se sont également félicités
de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, adoptée
en octobre 2000, qui exige explicitement une plus grande participation
des femmes aux activités de maintien de la paix.
Mme Hunt dirige actuellement Inclusive Security : Women Waging Peace,
une organisation sans but lucratif qui milite en faveur de la pleine participation
des femmes aux processus de paix dans le monde.
(Par Daniel Cain, Rédacteur du « Washington
File », 1er mars 2005)
L'UA insiste
pour une résolution politique du conflit au Darfour
La mission de l'Union africaine (UA) au Soudan a déclaré
lundi que l'union et les deux parties s'opposant au Darfour établirait
un cadre pour rédoudre le problème.
Dans un communiqué de presse, la mission de l'UA a indiqué
que la délégation pour la réconciliation au
Darfour s'était entretenue avec le gouvernement soudanais et qu'elle
rencontrerait les deux groupes rebelles du Darfour à Asmara
en Erythrée, afin de trouver une solution politique au problème.
La mission de l'UA a souligné que la discussion entre sa
délégation et les responsables soudanais avaient porté
sur la sécurité au Darfour et sur les négociations
qui doivent se dérouler prochainement à Abuja, au Kenya.
La délégation de l'UA est arrivée samedi à
Khartoum pour une visite de trois jours et partira ensuite pour Nairobi
d'où elle se rendra à Asmara.
L'UA soutient les pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais
et les rebelles du Darfour, le Mouvement de libération du
Soudan et le Mouvement pour la Justice et l'Egalité
(XINHUANET, Khartoum, 28 février 2005)
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